Un problème avec votre puits artésien ?
Une baisse de pression, une eau trouble ou une panne de pompe ? Nos experts diagnostiquent rapidement le problème et vous proposent une solution pour rétablir votre approvisionnement en eau.
Dans ce guide
Les signes qu'un puits est en train de s'assécher
Un puits ne tombe presque jamais à sec du jour au lendemain. Il envoie des signaux, souvent pendant des semaines. Les plus fréquents :
La pression baisse progressivement, surtout en fin de journée ou après une douche prolongée
L'eau sort trouble, sableuse ou brunâtre, signe que la pompe aspire près du fond
La pompe démarre et s'arrête sans arrêt (court cycle) ou tourne à vide
Des bulles d'air sortent des robinets
Le débit revient après quelques heures d'arrêt, puis rechute dès que vous utilisez l'eau
Ce dernier point est le plus révélateur. Un puits qui « se recharge » lentement pendant la nuit vous dit que la colonne d'eau disponible est devenue trop mince pour suivre votre consommation.
Pourquoi les puits s'assèchent au Québec
Trois facteurs se combinent, et ils ne se règlent pas tous de la même façon.
Le manque de précipitations. C'est le déclencheur le plus visible. Un été chaud et sec réduit la recharge de la nappe phréatique, et le niveau descend sous la crépine de la pompe.
La baisse des nappes sur le long terme. C'est le facteur de fond, et le plus préoccupant. Nous constatons année après année que les nappes phréatiques descendent. Des puits forés il y a vingt ou trente ans à une profondeur qui était largement suffisante à l'époque ne rejoignent tout simplement plus l'eau aujourd'hui.
Le type de puits. Les puits de surface, moins profonds, sont les premiers touchés dès qu'une sécheresse s'installe. Les puits artésiens, qui vont chercher les eaux souterraines beaucoup plus bas, résistent mieux. Mais attention : avoir un puits artésien ne vous met pas à l'abri. Nous approfondissons régulièrement des puits artésiens existants, parfois jusqu'au double de leur profondeur d'origine.
L'été 2025 : un sécheresse frappe le Québec
En août 2025, la situation dans le sud du Québec a pris une ampleur telle que les puisatiers de la province se sont retrouvés débordés d'appels. Chez nous, à Granby, presque tout le calendrier a basculé vers les urgences de manque d'eau. Nos techniciens étaient sur la route en continu et les travaux planifiés depuis des mois ont dû être repoussés pour servir en priorité les familles qui n'avaient plus une goutte au robinet.
CTV News Montréal a couvert le phénomène dans un reportage sur la pression exercée sur l'approvisionnement en eau du sud du Québec, en s'appuyant sur notre expérience terrain. Lire le reportage de CTV News
Philip Sardinha, copropriétaire de Puisatiers Experts, a aussi été invité à l'émission Le 15-18 de Radio-Canada Première pour expliquer pourquoi les puits creusés près de la surface sont les premiers à s'assécher, et ce que la profondeur croissante des forages nous dit sur l'état de la ressource. Écouter le segment sur Radio-Canada OHdio
Une phrase résume bien le métier aujourd'hui : « C'est vraiment de l'inconnu. » Quand le forage commence, personne ne peut garantir à quelle profondeur l'eau se trouvera. Nous finissons toujours par en trouver, mais il faut descendre de plus en plus creux.
Que faire concrètement quand votre puits est à sec
1. Vérifiez avant de conclure
Tous les manques d'eau ne viennent pas d'un puits asséché. Avant d'appeler, un coup d'œil rapide s'impose :
Le disjoncteur de la pompe a-t-il sauté ?
Le réservoir sous pression est-il gonflé correctement ?
La pompe fonctionne-t-elle (bruit, vibration) ?
Un filtre ou un adoucisseur est-il colmaté ?
Une pompe brûlée ou un réservoir défectueux donne exactement les mêmes symptômes qu'un puits à sec, pour une facture bien différente. Un diagnostic professionnel départage les deux en une visite.
2. Approfondir le puits existant
C'est souvent la solution la plus économique et la plus rapide. Si le forage d'origine est en bon état et que la géologie le permet, nous poursuivons le trou existant pour rejoindre une couche aquifère plus profonde. Il n'est pas rare de doubler la profondeur initiale.
3. Forer un nouveau puits
Quand l'approfondissement n'est pas possible, ou quand le puits d'origine est un puits de surface arrivé en fin de vie, un nouveau forage devient la solution durable. C'est aussi l'occasion de repositionner le puits à un endroit mieux protégé des contaminations de surface.
4. Les mesures temporaires
En attendant l'intervention, réduisez la consommation au strict minimum, espacez les usages pour laisser le puits se recharger, et évitez de faire fonctionner la pompe à vide : c'est le meilleur moyen de la brûler et d'ajouter une réparation à la facture.
Comment réduire les risques pour l'avenir
Faites évaluer le rendement de votre puits en dehors des périodes de crise, idéalement au printemps
Connaissez vos données : profondeur, débit à l'installation, niveau statique. Ces chiffres sont précieux pour comparer dans le temps
Surveillez votre consommation en été, particulièrement l'arrosage et le remplissage de piscine
Entretenez la pompe et le réservoir : un équipement usé masque souvent un problème de nappe qui s'aggrave
N'attendez pas la panne sèche. Approfondir un puits sur rendez-vous en mai coûte moins cher et se planifie mieux qu'une urgence en août



