Un projet de puits artésien ?
Nos experts évaluent votre emplacement, vous guident pour le permis et vous remettent une soumission claire, basée sur les puits de votre secteur.
Dans ce guide
Étape 1 : choisir l'emplacement du puits
L'emplacement n'est pas qu'une question de commodité. Le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) impose des distances minimales pour protéger votre eau potable :
15 mètres d'un système de traitement des eaux usées étanche, comme une fosse septique ;
30 mètres d'un système non étanche, comme un champ d'épuration ;
30 mètres d'une source de contamination agricole, par exemple une parcelle en culture, un pâturage ou une installation d'élevage.
Attention : ces distances s'appliquent aussi aux installations septiques de vos voisins, pas seulement à la vôtre. Sur un petit terrain, c'est souvent ce détail qui dicte où le puits peut aller.
Il faut également prévoir l'accès. Une foreuse est un camion lourd qui a besoin d'un chemin carrossable et d'un dégagement en hauteur, sans fils électriques au-dessus du point de forage.

Étape 2 : obtenir le permis municipal
Tout nouveau puits exige une autorisation de votre municipalité, qui est chargée d'appliquer le RPEP. La demande se fait auprès du service d'urbanisme, avant le début des travaux.
On vous demandera généralement un plan d'implantation montrant le puits projeté, les bâtiments, les installations septiques (les vôtres et celles des voisins) et les distances entre chacun, ainsi que le nom et le numéro de licence RBQ de l'entrepreneur en forage.
Les frais et les délais de traitement varient d'une municipalité à l'autre, de quelques jours à quelques semaines. Ne faites jamais forer sans permis : vous vous exposez à une amende et à des complications au moment de vendre la propriété.
Où faire votre demande de permis dans la région
Chaque municipalité a sa propre procédure. Voici les pages officielles pour les secteurs que nous desservons :
Shefford : Demandes de permis – certificat Puits / Géothermie
Bromont : Demande de permis en ligne – Prélèvement d'eau (puits)
Cowansville : Permis et certificats
Farnham : Demandes de permis et autorisations
Waterloo : Permis et certificats d'autorisation

Étape 3 : demander une soumission détaillée
Comme personne ne connaît la profondeur exacte avant de forer, une soumission sérieuse est présentée au pied, avec une estimation basée sur les puits du secteur. Elle devrait détailler le prix du forage au pied, le tubage d'acier, la pompe submersible, le réservoir sous pression et le raccordement à la maison.
Pour comprendre ce qui fait varier la facture, consultez notre guide sur le prix d'un puits artésien au Québec. Pour une estimation adaptée à votre terrain, voyez notre service de forage de puits artésiens.
Ce que la soumission devrait contenir
Une bonne soumission sépare clairement le forage de l'équipement, pour que vous sachiez ce que vous payez :
le prix du forage au pied, en précisant s'il diffère entre les sols meubles et le roc ;
le tubage d'acier au pied, le sabot d'enfoncement et le couvercle de puits ;
le scellement, s'il est exigé par la réglementation pour votre terrain ;
la pompe submersible (marque, puissance), le réservoir sous pression, le fil et la tuyauterie ;
la tranchée et le raccordement jusqu'à la maison, en précisant qui s'occupe de l'excavation et du branchement électrique ;
la désinfection du puits et la production du rapport de forage ;
les frais de déplacement de la foreuse, s'il y en a, et les taxes.
Étape 4 : le forage
Le jour venu, la foreuse traverse d'abord les sols meubles, où l'on installe un tubage d'acier ancré dans le roc pour empêcher les eaux de surface de s'infiltrer. Le forage se poursuit ensuite dans le roc jusqu'à l'obtention d'un débit suffisant pour les besoins de la maison.
Le règlement prévoit que le tubage dépasse le sol d'au moins 30 cm, qu'il soit fermé par un couvercle sécuritaire et que le terrain autour soit en pente pour éloigner l'eau de ruissellement. Si les distances réglementaires sont difficiles à respecter, un scellement du puits peut être exigé.
Dans la plupart des cas, le forage est terminé en une à deux journées.

Étape 5 : la pompe, le réservoir et le raccordement
Un puits foré n'est encore qu'un trou dans le roc. C'est le système de pompage qui en fait une source d'eau fiable, avec une bonne pression à tous les robinets. Cette étape prend généralement une journée, mais elle demande un peu de coordination.
La pompe submersible
Dans un puits artésien, la pompe est descendue au fond du puits, sous le niveau de l'eau. Sa puissance n'est pas choisie au hasard : elle dépend de la profondeur du puits, du niveau de l'eau, du débit disponible et des besoins de la maison. Une pompe trop faible donne une pression décevante, alors qu'une pompe trop forte pour le débit du puits risque de le vider et de s'endommager en tournant à sec. C'est pourquoi le choix final se fait après le forage, une fois le débit mesuré.
Vous aurez à choisir entre deux types de systèmes. Le système conventionnel démarre et s'arrête selon la pression dans le réservoir : il est éprouvé, économique et simple à réparer. Le système à vitesse variable ajuste la pompe à la demande et maintient une pression constante, même quand la douche, le lave-vaisselle et l'arrosage fonctionnent en même temps. Il coûte plus cher à l'achat, mais offre un confort comparable à celui d'un réseau municipal.

La conduite d'eau et le raccordement
L'eau quitte le puits par un adaptateur installé sur le tubage, sous la ligne de gel, puis voyage jusqu'à la maison dans une conduite enterrée en tranchée. La profondeur est essentielle : une conduite trop près de la surface gèlera au premier hiver rigoureux. Le fil électrique de la pompe emprunte généralement la même tranchée.
Si vous êtes en construction, prévoyez dès le coulage de la fondation le passage de la conduite et du fil à travers le mur. Percer le béton après coup est possible, mais c'est un coût et un risque d'infiltration évitables.

Étape 6 : le rapport de forage et l'analyse de l'eau
Votre puisatier doit produire un rapport de forage dans les 30 jours suivant la fin des travaux et le transmettre au ministère de l'Environnement, à la municipalité et à vous. Conservez-le précieusement : il indique la profondeur, le débit et la géologie traversée, et il vous sera demandé à la revente ou lors de travaux futurs.
Faites ensuite analyser votre eau par un laboratoire accrédité, pour les paramètres bactériologiques et physico-chimiques, avant de la consommer.



